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Gagnez le paradis ! C’est l’invite d’un art religieux dit « baroque » qui culmine en Savoie aux XVIIe et XVIIIe siècles. Un âge d’or pour la production de retables dont l’église Saint-Michel, à Lanslevillard, détient un spécimen rare.
Ecouter Christiane Durand
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Lanslevillard : l’explosion baroque |
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L’âpreté, l’obscurité et le froid dehors. L’or et l’azur au-dedans. L’expression artistique de la Réforme catholique issue du concile de Trente, suscite un engouement compréhensible en Savoie-Maurienne alors que le « petit âge glaciaire » salue cruellement la fin de la peste. Justement, le catéchisme de Trente est sous-tendu par une représentation réconfortante du paradis : une Jérusalem céleste peuplée d’anges et de saints, autour de la Vierge. Une liturgie en phase avec la spiritualité montagnarde et sa soif d’intercession et autres saints protecteurs.
Dans la scénographie baroque, le retable aux colonnes torses et dorées symbolisant le mythique Temple de Salomon, occupe la place centrale. Son modèle original, le baldaquin monumental en bronze du maître-autel de Saint-Pierre de Rome (1624), est dû au Bernin. Il s’est multiplié en Savoie grâce aux talents originaux de dynasties d’artistes locaux : Clappier à Bessans, Rey à Termignon, Thabeur à Villarodin, Rosaz, Portaz, etc.
Le retable du Rosaire à Lanslevillard porte la signature d’un des plus réputés d’entre eux : Jean Clappier, sculpteur peintre de Bessans. Un spécimen précoce dont les colonnes ne sont pour l’heure (1627) que cannelées, selon des canons appelés à évoluer.
Un seul de ces retables dorés pouvait coûter, dit-on, jusqu’au prix de 100 vaches.